Sous terre
Antoine Lecharny, Annette Becker

Entre 2021 et 2024, Antoine Lecharny a entrepris un travail photographique consacré à la mémoire des fusillades massives des Juifs en Europe de l’Est et dans les pays Baltes. En l’absence d’importantes traces visibles de ces massacres, il a photographié des paysages retournés à une relative banalité qui dit l’oubli palpable de l’Histoire à l’œuvre. À ses côtés, l’historienne Annette Becker tente de sortir le passé de l’effacement en nous confrontant à l’horreur et au chaos. Par le recours aux sources disponibles, nous retournons vers le temps du génocide, entre 1941 et 1945. Ensemble, les auteur·rice·s portent un regard frontal et documenté sur ce pan de l’Histoire de la Shoah, peu connu aujourd’hui encore.

 

Sous terre a reçu le soutien de la Région Île de France et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Son lancement a eu lieu au Mémorial de la Shoah, à Paris, en présence des auteur·rice·s, de Luba Jurgenson et de Marin Karmitz.

 

 

La presse en parle :

L’Humanité 

« C’est un livre beau et sombre à la fois. Le titre fait déjà frissonner. […] La photo devait montrer en creux quelque chose qui a disparu. En cela, l’ouvrage est particulièrement intéressant en ce qu’il fait également appel à la mémoire et à la connaissance pour reconstituer une séquence historique. La subjectivité de la photographie apparaît alors essentielle pour reconstituer les horreurs passées. Le texte de l’historienne Annette Becker permet d’ailleurs de mieux se préparer à retourner vers ce temps glacé, celui du génocide des juifs. Une symbiose s’établit alors entre le récit et l’image par défaut. » Pierre Barbancey

Télérama 

« Antoine Lecharny se rend à Boutchatch une semaine avant l’attaque russe de février 2022. Il cherche des traces de la «Shoah par balles» et ne trouve qu’«une ville rendue à sa banalité». Il prend des clichés au noir sépulcral et au blanc tranchant, au grain marqué […] des paysages banals qui témoignent de «cette amnésie collective, volontaire ou inconsciente, et [de] la vie qui continue.» […] Inspiré par les figures noires, hantées, du peintre Louis Soutter (1871-1942), il souligne avec ses images troubles le fossé entre ce qu’il sait du passé et ce qu’il voit […]. Une violence sous-jacente, comme enterrée. » Marie-Anne Kleiber

M, le magazine du Monde 

« Depuis la lecture, en 2021, d’Anatomie d’un génocide. Vie et mort dans une ville nommée Buczacz, de l’historien Omer Bartov (Plein Jour, 2021), Antoine Lecharny cherche les traces du crime, interroge leur absence, en Ukraine, mais également en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. Sur ses photographies, le passé rejaillit dans le tracé d’une croix gammée peinte à la bombe sur un mur, ou se cache sous les barres d’immeubles de l’ère soviétique, au fond d’un paysage incertain, derrière les silhouettes fuyantes des vivants sur le point d’être jetés à leur tour dans la guerre. » Allan Kaval

Fisheye

« À travers un noir et blanc granuleux et un usage subtil du flou, l’artiste crée une atmosphère étrange et presque angoissante. […] Il rend palpable le contraste entre la tranquillité actuelle de la nature et l’horreur de l’histoire enfouie. […] Il interroge notre mémoire face à des lieux où tout semble avoir été effacé. » Gemma Puig de Fabregas

  • Format 22 x 30 cm
  • 220 pages
  • 83 photographies
  • Octobre 2025
  • 978-2-487402-00-3

45,00